Investissement : La règle du 40 % pour évaluer la valeur d’une entreprise

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Vous aimez le hockey ? Les spécialistes s’accordent pour dire qu’une équipe de la LNH visant les premières places doit être en mesure d’atteindre 100% en avantage et désavantage numérique. Hein? 100% ?

Oui. Une équipe dont la somme du pourcentage d’efficacité de l’avantage numérique et du pourcentage d’efficacité du désavantage numérique donne 100% ou plus est considérée comme extrêmement performante.

Existe-t-il une règle similaire pour les entreprises?

Comment évaluer si une entreprise dans le domaine du logiciel (et un autre domaine sûrement) s’en va dans la bonne direction? J’utilise souvent la simple règle du pouce du 40% lors de discussions entre investisseurs ou lors de conseils d’administration.

La règle de 40% stipule que la somme de votre taux de croissance et votre bénéfice devrait atteindre 40%. Donc, si votre croissance annuelle est de 20%, vous devriez générer un bénéfice (BAIIA) de 20%. Si la croissance annuelle est de 40%, vous pouvez ne pas générer de bénéfice. Si la croissance annuelle est de 50%, vous pouvez démontrer une perte de 10%.

Vous êtes au début de votre courbe de croissance et vous n’êtes pas rentable?

Il n’y a pas de problème, si vous êtes en mesure de démontrer une croissance annuelle vous permet d’atteindre le seuil de 40%.

Je définis la croissance annualisée en comparant les revenus mensuels à ceux de 12 mois auparavant.

Si vous faites mieux que la règle de 40%, votre entreprise va très bien.

Investissement Startup : Investir devrait être ennuyeux

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Quand les investisseurs privés rencontrent des startups pour des investissements potentiels, « they are looking for a good story ».

Ils aiment se faire conter une belle histoire par les entrepreneurs.

Ils aiment se faire dire qu’ils vont investir dans un nouveau Facebook. Ou que le projet dans lequel ils investissent va régler un gros problème, qui va changer le monde.

Mais ces promesses-là ne se concrétisent que très rarement. Et des Facebook, il n’y en a qu’un dans le monde.

Il n’y a pas beaucoup de compagnies, qui réussissent à concilier ces deux sujets : Réussir économiquement et Réussir à faire connaître leur marque. Il y en a peu comme ça.

Comme la si bien dit Paul Samuelson, le prix Novel d’économie en 1970 :

        Investing should be dull. It shouldn’t be exciting. Investing should be more like watching paint dry or watching grass grow. If you want excitement, take $800 and go to Las Vegas.

En effet, des études démontrent que les investisseurs devraient plutôt regarder des entreprises plates.

Des entreprises qui règlent des problèmes, qui ne sont pas glamour.

Parce qu’il y a plus de chance que ce soient elles qui réussissent. Ou que ce soient elles qui rapportent un rendement intéressant pour les investisseurs.

Pourquoi?

Parce que les problèmes ennuyeux sont ceux qui tentent de résoudre des problèmes de la vie courante.

Selon Alan S. Roth, bien que le marché boursier soit imprévisible, le comportement humain ne l’est pas.

Par conséquent, lorsque les investisseurs investissent dans de beaux projets, ils tentent de déjouer les prévisions des marchés financiers.

Malheureusement, pour une majorité d’entre eux, cela n’arrive pas.

Bref

Les investisseurs privés sont humains. Ils préfèrent les belles histoires aux problèmes ennuyeux, qui pourraient pourtant leur rapporter GROS.

Mon conseil : lorsque vient le temps d’investir, vous devriez être audacieux. Et résister à l’envie d’investir dans des projets tendance ou qui sont accompagnés d’une histoire accrocheuse.

Four investing resolutions for a dull 2017 — allan S. roth. (2016, Dec 29). Dow Jones Institutional News Retrieved from http://ezproxy.usherbrooke.ca/login?url=https://search-proquest-com.ezproxy.usherbrooke.ca/docview/2182816478?accountid=13835

Investissement Startup : Valoriser dès le début – N’attendez pas!

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Chaque fois que je rencontre une nouvelle startup, je suis étonné par leur vision unidimensionnelle de l’investissement.

Les startups québécoises ont la fâcheuse tendance à mettre beaucoup d’effort pour développer une technologie sans toutefois vérifier s’il y a un marché pour cette dernière.

Aux États-Unis, la notion de valorisation est initiée dès le début.

Dans le secteur des TI, par exemple, on utilise l’expression Vaporware afin d’exprimer cette notion. « Vendre de la fumée » signifie que l’on vend littéralement une application qui n’existe que sur papier ou sous forme de présentation.

Ils font ça pour valider si un marché existe avant de commencer un quelconque développement.

Pourquoi? Parce que la valeur d’une entreprise en démarrage est largement dictée par les forces du marché de l’industrie dans laquelle elle exerce ses activités. En fait, la valeur actuelle est dictée par les forces du marché en jeu AUJOURD’HUI et la perception d’où s’en va ce marché.

Cette notion de valoriser l’entreprise. Tout ce que tu fais quand tu es dans une startup doit être fait dans le but de trouver une valeur. Combien cela vaut ce que je fais!

Or, au Québec, nous avons tendance à fonctionner à l’inverse de ce concept. Je constate que ce phénomène est accentué par le fait que le gouvernement ne subventionne que les activités technologiques et non commerciales.

Ce qui fait qu’au moment où l’argent gouvernemental vient à manquer, elles se retrouvent devant la situation suivante : elles doivent aller chercher de l’argent pour le marketing, vendre, peu importe.

Mais, elles ont tellement mis de l’argent dans le développement qu’elles sont obligées de valoriser leur entreprise très très haut pour que cela vaille la peine. Alors qu’ils n’ont pas fait de vente encore dans leur vie d’entreprise.

En effet, ce n’est pas parce que tu as investi 500 000$, dont 400 000 provient du gouvernement, dans le développement d’une technologie que celle-ci vaut 500 000$.

Elle ne vaut pas grand-chose si tu n’as pas réussi à la vendre au moins une fois.

Il vaudrait mieux mettre 300 000$ sur le développement et 200 000$ sur la validation du marché.

Utiliser l’argent du gouvernement n’est pas une mauvaise chose. Mais ne laissez pas tomber l’aspect commercial.

Il ne faut pas trop attendre avant de valider. Parce que vous n’aurez plus de moyens. Ou vous allez trouver que vous devez donner trop en échange, trop d’équité.

Malheureusement, c’est souvent ce qui arrive.

Une relation investisseur – entrepreneur : N’est pas une amourette Tinder

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Une des grandes difficultés chez les entrepreneurs et les investisseurs d’aujourd’hui se situe par rapport : Au début de la relation.

Une relation investisseur/entrepreneur. C’est comme une relation amoureuse.

Lorsque l’on commence à fréquenter une personne. On apprend à se connaître. À la découvrir. Puis un moment donné, on décide de sortir ensemble. En investissement, ce processus doit avoir lieu.

Toutefois, ce processus ressemble souvent à du Speed-dating. On rencontre une personne. Qu’on ne connaît pas. Elle a un plan d’affaires. On se fait conter une belle histoire. Puis on saute tout de suite à l’étape de sortir ensemble.

De plus en plus, je me rends compte que ce n’est pas la meilleure façon de faire.

Je suis plutôt adepte qu’il faut se donner un certain temps avant d’investir. Ou à l’inverse, de choisir un investisseur privé. Surtout pour des startups. Ce n’est pas que l’argent qui compte. C’est la relation. C’est l’impact que cette personne va avoir. De part et d’autre de la relation. Il faut donc se donner du temps. Et partir le processus un peu avant.

L’idéal serait que le processus de fréquentation dure de 3 à 6 mois afin d’établir une certaine relation. Apprendre à se connaître afin de voir comment l’autre réagit dans telle ou telle situation. Comment il analyse les données. Quel est son niveau de rigueur6. Autrement dit, toutes des choses qu’on ne peut pas apprendre en 3 secondes.

Un investissement, ce n’est une histoire d’un soir. D’où l’importance de trouver le bon fit lorsque l’on cherche un investisseur privé ou un entrepreneur.

Parce que dans le cas où la lune de miel ne dure pas. On ne peut pas se débarrasser de l’entrepreneur ou de l’investisseur comme ça. Car les deux inconnus sont liés par un partenariat d’affaires né du fruit d’un investissement.

On n’a accepté son argent. On doit vivre avec notre décision. Et vivre en couple avec la personne qu’on a choisie.

Par expérience, ce genre d’histoire arrive souvent.

Parce que beaucoup trop d’entre nous sont pressés de trouver un partenaire, parfois au détriment de la qualité des relations. Certains veulent que l’argent. Et ne veulent pas de la relation avec l’investisseur qui accompagne l’argent.

Or, l’investissement, comme tomber amoureux, est une relation qui devrait être savourée sans précipitation.

Comme le dit si bien Anges Québec : « un Ange investit et s’investit dans le processus ».

Optimiser la valeur de son entreprise tout en contrôlant sa dilution

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Une des grandes peurs chez les entrepreneurs est la dilution. C’est-à-dire, au moment où ils vont chercher de l’argent extérieur, ils ont peur de trop donner en échange. Et ça va les retarder.

Je comprends que cela a de l’impact. Mais, je vais vous donner l’image suivante : Voulez-vous avoir le gros volant d’un petit camion ou le petit volant d’un gros camion?

Pour devenir un gros camion, vous avez besoin d’avoir des moyens. Les moyens qui existent :

Le premier est gratuit. Ce sont les subventions gouvernementales.

Le deuxième : c’est de la dette. Il faut que vous donniez une garantie en échange. Souvent le problème des dettes dans une petite entreprise : c’est que la seule garantie que vous pouvez donner est personnelle. Car l’entreprise ne vaut rien. Vous êtes obligé de vous attacher personnellement à la dette de votre entreprise. Ce qui veut dire que si l’entreprise fait faillite. Il faut que vous remboursiez vous-même cette dette.

Le troisième : c’est de trouver un ou des investisseurs. L’investisseur ce qu’il veut c’est un retour. L’argent est risqué. Il ne veut pas de garanties. Il veut un retour par rapport à votre plan d’affaires. Mais pour que le retour soit lié, il faut que vous lui donniez des actions de votre entreprise. D’où la dilution.

Dans le fond, à part les subventions, il faut toujours donner quelque chose en échange de l’argent offert.

Les subventions sont super importantes. Sauf qu’en se limitant qu’au type d’action supporté par les subventions, en l’occurrence les technologies. La valeur de votre entreprise n’évoluera pas.

Si vous voulez faire évoluer votre entreprise tout en vous diluant le moins possible. Il faut que vous alliez chercher de l’argent ailleurs.

Il faut travailler sur des méthodes ou sur un plan qui font que chaque fois que vous allez chercher de l’argent. Vous allez en chercher juste assez. Pour que la prochaine fois, vous alliez chercher de l’argent, vous allez valoir plus. D’où une dilution minimale.

L’idée est de jongler avec les notions de subventions, de dette et d’équité afin de pouvoir, d’une part, valider votre projet et, d’autre part, faire évoluer votre technologie.

Au fur et à mesure que vous faites ça, votre technologie va valoir bien plus. Et il y a des chances que vous diluiez pas mal moins votre entreprise.